La Pincée

Poivre blanc de Kampot IGP (Cambodge)

Origine : Provinces de Kampot et Kep, Cambodge (IGP)

Piper nigrum

4.3 /5 · note de la rédaction sur 4 dégustations

Le Kampot blanc, plus rare encore que le rouge, naît de baies rouges dépulpées en eau de source puis séchées au soleil. Sa robe ivoire pâle libère un nez floral de citronnelle et de jasmin, suivi d'un piquant délicat. Il signe les chairs blanches, les sauces fines et les soupes claires avec une élégance discrète qu'aucun poivre robuste ne sait imiter.

Grains de poivre blanc de Kampot IGP, robe ivoire crème uniforme, sur fond de lin naturel avec lumière douce

poivre · poivre-blanc

Kampot blanc

Provinces de Kampot et Kep, Cambodge (IGP)

Intensité 6/10
Palette

citronnelle · fleur de jasmin · noisette fraîche

Profil aromatique

Famille Piper nigrum
Intensité ●●●○○ (6/10)
Notes principales citronnelle · fleur de jasmin · noisette fraîche
Notes secondaires paille blonde · amande verte
Sensation en bouche piquant délicat et persistant, sans aspérité
Longueur en bouche moyenne à longue, florale

Usage culinaire

  • Moment d'ajout : fin de cuisson
  • Dosage : 2 à 3 tours de moulin en fin de cuisson, jamais en début
  • Supports idéaux : poissons à chair blanche, blancs de volaille pochés, sauces beurre, huîtres tièdes, purées de céleri ou panais, soupes claires
  • À éviter avec : plats très fumés, viandes rouges saignantes, épices puissantes concurrentes

Le grain en détail

Le Kampot blanc est obtenu à partir des mêmes baies que le rouge, mais dépulpées après une macération de huit à dix jours dans l'eau de source des collines. Une fois la peau et la pulpe rouges retirées, le noyau ivoire est séché au soleil sur des nattes pendant trois à cinq jours, puis trié manuellement. Le résultat est un grain rond, lisse, légèrement crème, plus uniforme que la plupart des blancs asiatiques. Le nez est immédiat et reconnaissable : citronnelle fraîche, jasmin, noisette à peine grillée, sans la pointe d'ammoniac qu'on trouve parfois sur les blancs mal lavés. En bouche, le piquant est délicat, persistant, et ne masque jamais le support. Cette finesse en fait le poivre des chairs fragiles : bar rôti, sole meunière, blanc de volaille poché, sauce beurre blanc, soupes claires, purées de légumes-racines blancs. Il fonctionne aussi remarquablement sur les huîtres juste tièdes ou un sabayon salé. Plus rare que le noir Kampot, il est produit en petites quantités par les fermes les plus rigoureuses (La Plantation, Sothy's, Starling Farm). Le rendement est faible car la fenêtre de récolte rouge est étroite et le dépulpage entraîne 30 % de pertes. À l'achat, vérifier la couleur uniforme et la rondeur du grain. Un blanc grisâtre ou pulvérulent trahit un séchage incomplet ou un stockage en milieu humide.

Histoire & origine

La production de Kampot blanc a longtemps été marginale, le marché local préférant le noir et le rouge. C'est la demande européenne, à partir des années 2010, qui a poussé les fermes IGP à développer cette cuvée plus technique. Le dépulpage en eau de source, méthode artisanale longue, distingue le Kampot blanc des blancs industriels d'Indonésie ou du Vietnam. Aujourd'hui, environ une trentaine de producteurs sur les 400 du syndicat IGP proposent un blanc certifié.

Prix indicatif

Format référence : 30g — de 11 € à 19 € (médiane : 14.5 €).

Conservation

Bocal hermétique opaque, à l'abri de la chaleur. Garde son intensité 18 à 24 mois.

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Tags

  • IGP
  • Cambodge
  • poivre blanc
  • Piper nigrum
  • bio
  • rare

Questions fréquentes

Comment conserver le Kampot blanc ?
Bocal hermétique opaque, à l'abri de la chaleur. Garde son intensité 18 à 24 mois.
Quel dosage pour le Kampot blanc ?
2 à 3 tours de moulin en fin de cuisson, jamais en début
À quel moment ajouter le Kampot blanc en cuisine ?
Il s'utilise idéalement en fin de cuisson.
Avec quoi éviter le Kampot blanc ?
À éviter avec : plats très fumés, viandes rouges saignantes, épices puissantes concurrentes.

Qui le cultive vraiment ?

Le Kampot blanc représente 15 à 20 % de la production IGP cambodgienne. Il est issu des mêmes pieds de poivriers que les noirs et rouges de Kampot, mais récolté à pleine maturité (octobre-novembre, quand les baies sont rouges) puis trempé pendant 7 à 10 jours dans des bassins d'eau douce ou de saumure légère. Ce rouissage à l'eau fait fermenter la pulpe rouge, qui se détache des grains. Les producteurs frottent ensuite chaque grain à la main pour ôter les derniers résidus de péricarpe, lavent à l'eau claire, et sèchent au soleil sur des nattes propres pendant 4 à 6 jours. Contrairement au Penja blanc qui utilise les eaux courantes volcaniques de la rivière de la vallée, le Kampot blanc utilise des bassins stagnants — ce qui donne un profil aromatique légèrement différent, moins musqué et plus net, plus floral et citronné en finale. Les producteurs de la KPPA (Kampot Pepper Promotion Association) qui acceptent de produire en blanc sont moins nombreux que les producteurs noirs, car le rendement est plus faible (perte d'environ 30 % de la masse pendant le rouissage et le décorticage) et le temps de travail bien supérieur. De grandes exploitations comme La Plantation Kampot (couple Tomlinson) ou Sothy's Plantation produisent du Kampot blanc en circuit court export depuis 2015. Les prix sont en hausse continue (+25 % entre 2020 et 2025), portés par la demande européenne et asiatique pour les poivres blancs d'origine. Le grain est plus petit, plus jaune-ivoire que le Penja blanc, avec une teinte parfois légèrement crème pâle. Au nez, il libère immédiatement des notes florales (jasmin, fleur d'oranger), des agrumes verts (citron vert, bergamote), et une finale propre, jamais musquée ni animale. C'est cette netteté qui le distingue radicalement du Penja blanc dans les accords avec les poissons crus, les sauces hollandaises et les bouillons clairs.

3 recettes signature

Pensées par la rédaction pour révéler ce produit. Dosages précis, ordre des opérations testé.

  1. Recette 1

    Ceviche de daurade, gingembre frais et Kampot blanc

    Pour 4 personnes · 20 min

    Ingrédients

    • 400 g de filet de daurade royale très frais (qualité sashimi)
    • 2 citrons verts (jus uniquement, 60 ml)
    • 1 cuillère à café de gingembre frais râpé
    • 1 petit oignon rouge ciselé très fin
    • 1 piment doux rouge ciselé fin (optionnel)
    • 2 cuillères à soupe d'huile d'olive douce
    • Kampot blanc : 6 tours de moulin fins en finition
    • Fleur de sel
    • Coriandre fraîche ciselée

    Étapes

    1. Tailler la daurade en cubes de 1 cm en travaillant à froid (filet sorti du frigo juste avant).
    2. Mélanger avec citron vert, gingembre, oignon rouge, sel. Laisser "cuire" à l'acide 5 minutes au frais — pas plus, la chair durcirait.
    3. Égoutter (garder 1 cuillère à soupe du jus). Ajouter huile d'olive, jus réservé, piment.
    4. Dresser en assiettes froides, parsemer de coriandre ciselée.
    5. Au service : mouliner 6 tours de Kampot blanc fin directement sur le ceviche. Servir immédiatement.
  2. Recette 2

    Crème brûlée à la vanille et Kampot blanc

    Pour 6 personnes · 60 min

    Ingrédients

    • 500 ml de crème entière 35 %
    • 100 ml de lait entier
    • 6 jaunes d'œufs
    • 80 g de sucre semoule + cassonade pour caramélisation
    • 1 gousse de vanille Bourbon fendue et grattée
    • Kampot blanc : 4 baies entières infusées dans la crème

    Étapes

    1. Porter crème, lait, gousse de vanille (et graines) et 4 baies de Kampot blanc entières à frémissement. Couper le feu, couvrir, infuser 20 minutes hors du feu.
    2. Battre les jaunes avec le sucre 1 minute (pas plus, ne pas blanchir trop sinon ça mousse).
    3. Verser la crème tiède filtrée (retirer baies de Kampot et gousse de vanille) sur les jaunes en remuant doucement à la maryse.
    4. Répartir dans 6 ramequins. Cuire au bain-marie à 95 °C pendant 40 minutes — le centre doit trembler comme un flan ferme.
    5. Refroidir, réserver au frais 4 heures minimum.
    6. Au service : saupoudrer cassonade, caraméliser au chalumeau jusqu'à croûte ambrée. Servir immédiatement.

⚠ Contre-indications

Précautions Piper nigrum standards : interactions médicamenteuses possibles (warfarine, certains antidépresseurs type propranolol, théophylline). Consultation pharmaceutique en cas de traitement chronique avant consommation quotidienne abondante. Précautions techniques : le Kampot blanc est plus délicat encore que le noir — son nez floral citronné s'évapore en 15-20 minutes une fois moulu, donc moudre uniquement à la demande, jamais à l'avance. À utiliser à cru ou en finition sur plat tiède (jamais bouillant). Au-delà de 80 °C, les notes florales se cassent en 2 minutes. Conservation : bocal opaque hermétique, 18 mois maximum. Sur ulcères ou GERD sévères : modérer en poussée. Pour les enfants de moins de 2 ans : éviter. Attention au Kampot blanc vendu sous l'IGP : vérifier la marque KPPA ou le logo IGP sur l'emballage. Beaucoup de poivres blancs vietnamiens ou indonésiens sont rebadgés Kampot sur certains canaux de distribution discount. Le vrai Kampot blanc IGP n'est jamais vendu sous 15 €/50 g en détail spécialisé.

Chefs qui l'utilisent

  • Olivier Roellinger · Maisons de Bricourt, Cancale

    Le Kampot blanc IGP fait partie du catalogue Épices Roellinger, recommandé sur les poissons crus, les sauces beurre blanc et les desserts à la vanille.

  • Anne-Sophie Pic · Maison Pic, Valence

    Réputée pour son approche florale des épices, le Kampot blanc apparaît dans des accords documentés en presse avec les poissons à chair ferme et les volailles pochées.

Pour aller plus loin

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